13/04/2005

13/04/05 - 23:03

Rebond sur une entrée de non-blog de monsieur Népomucène

"Ici, il faut imaginer Monsieur Népomucène vers sept heures du matin lorsqu'après avoir enfilé le premier jean et le premier pull qui traînent par là, passé un manteau et descendu l'escalier, il se dirige vers l'un de ses deux cafés préférés."

Anatole (prénom fictif) a, lui, trois cafés de prédilection près de son domicile. Aujourd'hui par exemple il a pris deux cafés à sept heures 30 au premier, un vers huit heures au second, un vers dix-huit heures au troisième.

Le café de la Poste(*) a récemment changé de propriétaire. Jusqu'au mois dernier, le patron était homo ; la clientèle en fin d'après-midi est essentiellement homo (supposè-je), la clientèle du matin formée de gens du quartier, la clientèle de midi formée de gens qui travaillent dans le quartier attirés par la très appréciable cuisine, avec sans doute une concentration d'homos supérieure à la moyenne. J'y ai pris mes quartiers sérieusement depuis trois ou quatre ans quand le Pwoot Café(*) a repoussé au-delà de huit heures son ouverture, ici on pouvait encore être servi à 6 heures 45 -mais ça vient de changer, et je vais sans doute devenir moins fidèle. D'autant que la cordialité de l'ancien patron qui appelait tous les clients "mon chéri" me manque un peu. Quand mon ami Octave (prénom fictif) a squatté quelques mois chez moi en 2002, il me rejoignait parfois pendant que je prenais mon café ; le patron s'essayait à quelques sous-entendus salaces (comment aurait-il pu savoir que non, nous ne couchions pas ensemble) que nous feignions l'un comme l'autre de ne pas entendre.

L'Abreuvoir(*), j'y vais de plus en plus. Ils ouvrent tôt, même le dimanche ; c'est tenu par des tunisiens assez âgés et gentils comme des grands-parents gâteaux. À part moi, la clientèle est sexagénaire et alcoolique, avec en prime quelques éboueurs de passage. Impressionnant de voir d'ailleurs comme le mélange social ne se fait pas dans les cafés du quartier, malgré des prix partout identiques. Identiques jusqu'à aujourd'hui précisément -ce matin la patronne m'a rendu dix centimes sur mon café ; sur mon interrogation elle m'a expliqué qu'elle avait décidé de baisser ses prix, une partie de sa clientèle étant sensible à dix centimes de différence.

Le Pwoot Café existe depuis au moins douze ans. Quand j'habitais de l'autre côté de la rivière, à une centaine de mètres du café, je disais en plaisantant que si je déménageais, ce serait pour m'en rapprocher. Ce que j'ai fait, plus que vingt mètres à faire. La salle est grande et lumineuse, la clientèle est étudiante ou tout au moins jeune, à l'habillement soigné -avec quelques marginaux en fin d'après-midi. On y passe des disques en vrai vinyl qui, (m'a-t-on dit), sont choisis avec goût. Le patron me connaît bien (il est originaire d'une campagne voisine de ma ville d'origine) ; les serveurs sont très cordiaux et fidèles au poste -deux au moins sont bien là depuis dix ans. Dans un moment de bonne humeur, j'ai il n'y a pas longtemps offert à mon ami Octave le droit de consommer à mes frais et à vie dans ce café -espérons que ça ne me coûtera pas trop cher.

(*) Certains noms de lieux ont été modifiés

commentaires

13/04/05 - 23:11

Pratiquez-vous les cafés depuis longtemps ?

13/04/05 - 23:13

Je m'y suis mis sérieusement un peu après mon arrivée à Montpellier(*), je dirais. J'ai eu une passion pour le Café de la Gare(*), aujourd'hui fermé (le genre populaire façon brèves de comptoir), puis ai obliqué vers le Pwoot Café(*) et finalement vers la visite systématique de tous les cafés des environs.

(*) Certains noms de lieux ont été modifiés

13/04/05 - 23:14

C'est tardif.

Je pratique les cafés depuis le lycée. Mais il paraît qu'il y a des gens qui n'y vont jamais. Quelque part, je les envie.

13/04/05 - 23:16

Quand en fin de terminale j'ai quitté ma province pour monter à Paris, j'ai souvenir précis que le surveillant général m'a recommandé d'éviter les cafés ; sa phrase je ne saurais la citer, ce n'était tout de même pas "si tu te mets à aller au café tu es foutu" je réécris ; mais l'idée y est.

13/04/05 - 23:18

Pensez-vous qu'il avait raison ?

13/04/05 - 23:19

Plutôt, oui.

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