"A vingt ans, j’aimais l’homme de ma vie. Puis il a disparu de ma vie, et je ne l’ai pas revu depuis le siècle dernier."
L'homme que j'aimais à vingt ans, je l'ai revu dimanche dernier (et nous nous sommes téléphoné hier).
On tombe tous dans ses années d'apprentissage follement amoureux d'un très séduisant jeune garçon définitivement et incontournablement hétérosexuel ; j'ai aussi donné. Simplement j'ai fait ça à mon rythme ; donc j'ai méthodiquement bouffé disons cinq ou six ans de ma vie à consacrer toute mon énergie affective à cet engouement.
Et, avec une vingtaine d'années de recul, je me dis que c'est une des meilleures choses qui me soient arrivées. La vérité est que j'ai eu beaucoup de chance : quand je regarde Onésime avec les yeux de la raison et de ma quadragénaire sagesse et non plus avec l'aveuglement de la passion, je me rends bien compte que j'ai eu la chance de tomber totalement gueudin de ce qu'il peut y avoir de mieux sur cette planète, beau, gentil, irresponsable, souriant, drôle et tout et tout.
Être totalement obnubilé par un être pendant quelques années, ça permet pour la suite de la vie une complicité définitivement différente de celle que je peux avoir avec mes autres amis (hormis sans doute Octave (prénom fictif)) ; à jamais les bons moments sont plus savoureux.
Ah quand on marche avec son ami Onésime (prénom fictif) à cinq heures du matin un jour d'août dans les rues de Paris pour aller prendre un train vers l'éclipse du siècle, on se dit que son soi de vingt ans aurait été heureux de ça, et par sympathie avec lui, on est aussi heureux, vraiment très heureux.
14/04/05 - 21:32
Chébôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôô.
jeuneparisien1978