15/05/2005

15/05/05 - 16:59

Rebond sur une entrée du journal de chapichapo

« J***** est le premier garçon que j'ai aimé. Il était hétéro, et il ne s'est jamais rien passé. »

Onésime (prénom fictif) est le premier garçon que j'ai aimé. Il était hétéro, et il ne s'est jamais rien passé.

« La première chose que je lui ai dite, je m'en souviens, c'est "Tu as besoin d'une gomme?". A l'époque, même intérieurement, je ne me qualifiais pas d'homosexuel: mais je savais que j'étais amoureux de ce garçon. »

La première chose que je lui ai dite, je ne m'en souvenais pas, mais lui me l'a rapportée quelques années plus tard, c'est "Ah c'est toi XXX ? ". A l'époque, même intérieurement, je ne me qualifiais pas d'homosexuel: mais deux ou trois mois plus tard il m'était évident que j'étais amoureux de ce garçon.

« Il était beau. Timide. Pas très sûr de lui. (...) Il était gentil, pas une once de mauvaise intention. Puis, il était jeune et con, comme moi. »

Il était invraisemblablement beau -il l'est encore passé quarante ans. Timide. Pas très sûr de lui. Il était gentil, pas une once de mauvaise intention. Puis, il était encore plus jeune que moi, et presque aussi con que moi.

« En deux trois mois, je m'en suis fait un ami, avec un stratégie digne de Napoléon, voire un de mes meilleurs amis. J'en étais arrivé à un tel degré d'obsession que J***** occupait l'ensemble de mes journées, de la première seconde au réveil à la dernière seconde avant le sommeil. Je calquais mon emploi du temps sur le sien. Je le traquais. On passait souvent des heures ensemble, puis le soir, des heures au téléphone. On jouait à se faire mal avec des compas. On avait 17 ans. »

En deux trois mois, je m'en suis fait un ami, sans avoir besoin d'aucune stratégie -nous étions naturellement parmi les plus glandeurs de tout l'internat- voire mon meilleur ami. J'en étais arrivé à un tel degré d'obsession qu'Onésime occupait l'ensemble de mes journées, de la première seconde au réveil à la dernière seconde avant le sommeil. Je calquais mon emploi du temps sur le sien. Je le traquais. On passait souvent des heures ensemble, puis le soir, encore des heures ensemble -j'avais trouvé un recoin obscur où je pouvais me cacher et voir la lumière s'allumer quand il rejoignait sa chambre ; dans les trente secondes je frappais à sa porte. Il avait 17 ans.

« Personne parmi mes amis ne s'est aperçu de rien à l'époque. »

Personne parmi mes amis ne s'est aperçu de rien à l'époque. Cinq ans plus tard, à l'occasion d'une crise dont je parlerai ailleurs, je raconterai tout ça à notre ami le plus proche Zéphyrin (prénom fictif). Il me confirmera qu'effectivement il n'avait rien soupçonné (mais qu'il était désormais au courant, Onésime lui ayant raconté tout ça la veille).

« On a été aussi proches que le décence l'autorise. Je n'avais en fait pas envie de plus. »

On a été aussi proches que la décence l'autorise. Putain je me le serais bien tapé.

« Il est venu un jour, j'ai failli tout lui dévoiler, mais je me suis tu. »

Il est venu un jour, je lui ai tout dévoilé. Il m'a dit "il se fait tard, tu devrais rentrer te coucher". Je suis monté sur les toits et j'y suis resté hébété une heure à regarder le vide.

« Le mois d'août, je l'ai passé à marcher. Dans des forêts, sur des plages, en général très tôt le matin, parfois à 6 heures, dans le froid. Je marchais pour éviter de tourner en rond. »

Les vingt années suivantes, je les ai passées à marcher. Dans des forêts, sur des plages, en général très tôt le matin, parfois à 6 heures, dans le froid. Je marchais pour éviter de tourner en rond.

« Puis le temps a passé. Les années aussi. Je suis retombé amoureux plusieurs fois. J***** est devenu un souvenir, mais un souvenir que je ne peux pas évoquer sans me sentir remué et perturbé. »

Puis le temps a passé. Les années aussi. Je suis retombé amoureux -une seule fois. Onésime est resté mon meilleur ami (nous nous téléphonons plusieurs fois par semaine, je l'ai encore vu avant-hier), et en même temps un souvenir que je ne peux pas évoquer sans me sentir tout ému et heureux.

commentaires

15/05/05 - 17:02

L'amour est universel ^^

15/05/05 - 17:04

C'est vrai, mais quand même Bernard Menez il est plus sexy que Patxi.

15/05/05 - 17:20

Patxi n'est pas sexy.

Il est beau.

^^

15/05/05 - 17:27

Ce qui a la capacité de nous rendre heureux est parfois bien différent du plaisir. L'un se donne, l'autre se prend.

15/05/05 - 17:42

Alors là, non, je ne vais pas commencer à livrer des pensées sur l'amour et la vie, je les laisse aux autres. Je préfère votre vie à celle de Chapi parce qu'elle est plus longue.

22/05/05 - 03:03

Amûûûr.

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.